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L’hôtellerie, un autre possible

La crise du COVID-19 met à genoux le tourisme mondial. Derrière l’urgence de la situation pour l’ensemble des professionnels du tourisme et les actions de soutien économique, il s’agit également d’appréhender l’après et de construire durablement l’avenir de l’ensemble du secteur.

Guy Antognelli, directeur du tourisme à Monaco récemment interviewé sur Monaco info, partageait les actions mises en place par son équipe face « à une situation qui n’a jamais eu lieu ». Il soulignait que même si le tourisme est en pause, il faut préparer l’avenir et la première urgence a été de travailler collectivement avec les hôtels, les restaurants et le Grimaldi Forum afin de reprogrammer les évènements des congrès et d’assurer le tourisme d’affaire qui représente +30% de l’activité des hôtels de la principauté. Ainsi, la quasi-totalité des grands congrès ont pu être reprogrammés à partir de la rentrée 2020

La plupart des pays européens comptent aussi sur un engagement civil de voyager local, afin de contribuer à la reprise économique nationale.

À Monaco, petit village enclavé au milieu de l’Europe, cette dynamique n’est pas applicable, il est donc légitime de s’interroger sur la cible et la stratégie de communication à adopter pour faire revenir les touristes.

Comme le souligne Guy Antognelli, pour le tourisme de loisir on ignore beaucoup d’éléments encore. « Doit-on s’adresser à un tourisme proche ou européen ? »

La première campagne lancée par l’office du tourisme a donc souhaité recréer le lien social, et s’intitule Miss You. Elle sensibilisera sans doute toutes celles et ceux qui ont déjà vécu l’expérience inoubliable qu’offre Monaco à ses visiteurs.  

La phase deux de cette campagne s’adressera aux clients avec un message d’achat.

L’hygiène un atout majeur

L’ubérisation de l’hôtellerie au travers de plateformes d’hébergements de particuliers, de type Airbnb, a converti beaucoup de touristes, mais la tendance pourrait s’inverser avec la persistance du Covid. Des appartements sans mesures d’hygiène professionnalisées, pourraient inciter les voyageurs à se réorienter vers des résidences hotellières qui maitrisent les normes de nettoyage et peuvent garantir une hygiène absolue.

Pour un tourisme d’affaire, puis de loisir, graduellement relancés avec les levées des déplacements et les ouvertures des frontières, l’hôtellerie devra être créative et rassurer ses clients.

Pour Ralph Hollister, analyste des voyages et du tourisme chez GlobalData, 85% de personnes dans le monde se sentent « extrêmement » ou « assez » préoccupées par l’épidémie mondiale de COVID-19. Ainsi, « après le COVID-19, les consommateurs seront susceptibles d’accorder autant d’importance aux normes d’hygiène des hôtels qu’au prix et à l’emplacement. Les craintes de contracter le virus subsisteront bien après la fin de la pandémie. »

Le protocole d’hygiène devient le premier argument de vente du positionnement stratégique de l’hôtellerie. C’est pourquoi, au niveau mondial, les plans de communication s’accélèrent au sein des groupes hôteliers.

“Stay With Peace of Mind” de Anantara, marque présente dans 41 hôtels en Asie, au Moyen-Orient, dans l’océan Indien, en Afrique et en Europe, propose en parallèle d’une technologie de pulvérisation électrostatique et de désinfectants approuvés par l’Agence de protection de l’environnement (EPA), un séjour associé à des services de personnal shopping pour les clients, et des transferts en limousine privée depuis les aéroports.

Pour BWH Hotel Group® la communication passe par l’engagement, et tente de combiner l’axe de la protection à celui du rêve.

Chez Radisson, l’hygiène devient le maitre mot et le groupe assure ses propres programmes de formation complets en matière d’hygiène et de prévention pour les membres de l’équipe. Le protocole est appliqué à tous les niveaux, depuis la désinfection des clefs, en passant par le paiement sans contact ou des accroche-portes avec des procédures de nettoyage et de désinfection affichées dans chaque pièce.

Global Care & Cleanliness Commitment de Hyatt est très semblable au précédant avec l’engagement d’obtenir en plus l’accréditation GBAC STARTM, car l’implémentation de labels s’avère être une pratique rassurante en ce temps de crise.

Ainsi le groupe ACCOR et Bureau Veritas ont lancé en avril dernier un label visant à certifier que les niveaux de sécurité et les mesures d’hygiène sont adaptés à la reprise de l’activité.

Après un tourisme de masse, le voyage s’envisagera peut-être plus intime, avec l’espace et l’hygiène au centre de l’expérience client. On peut ainsi s’attendre à ce que l’hôtellerie de luxe à Monaco, diversifie son offre de services au sein même de chaque établissement.

Un voyage vers un autre possible.

Article : Joana Foglia

Auteur de l’article : Wealth Monaco

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