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Monaco télétravail et leadership

Télétravail : what’s next?

Une enquête menée fin Avril par l‘IFOP en France indique qu’une très forte proportion de cadres en télétravail depuis le début du confinement aspire à ce que cette organisation du travail dictée par la crise sanitaire se prolonge et ne soit pas que passagère. 70% d’entre eux souhaitent ainsi continuer à être en télétravail après le confinement dont une majorité (41%) « plus » que ce n’était le cas avant cette période.

Une évolution des paradigmes de vie pour chacun qui va sans doute favoriser une approche transversale de nos vies personnelles et professionnelles.

C’est dans ce sens que Mr Frédéric Genta – invité hier de Monaco Info – s’exprimait sur cette transformation digitale et structurelle intervenue au sein de la principauté pendant cette période de Covid-19

La principauté s’est adaptés rapidement, et avec succès au passage du numérique des services, que ce soit dans le domaine de l’éducation avec une partie de l’enseignement dispensé en numérique aux élèves ; de la santé, dont une partie des consultations sont effectuées en téléconsultations avec encore 1/3 des médecins de la principauté qui effectuent aujourd’hui jusqu’à 6 téléconsultations par jour ; et de l’administration dans laquelle plus de 1.000 fonctionnaires et agents sont en télétravail.

« Les gens ont changé. Ils ont vécu ce changement d’habitudes. Les états et les entreprises dont devoir s’adapter à ces nouvelles habitudes »

Comme marque d’adaptation, le Conseil national a voté à l’unanimité, hier soir, un projet de loi n°1014, rendant, entre autres, le télétravail obligatoire durant la crise sanitaire, dès que les postes le permettent.

Le projet de loi favorise également le recours au télétravail, en faisant en sorte que l’employeur soit tenu de permettre au salarié d’exercer son activité en télétravail dès lors :

–       d’une part, que la nature de l’activité du salarié est compatible avec son exercice en télétravail ;

–       d’autre part, qu’il est en mesure de mettre à la disposition du salarié les moyens techniques nécessaires à l’exercice du télétravail.

Le télétravail aborde des questions de fond.

Ainsi on a vu un personnel soignant jusqu’alors faisant partie des oubliés de nos sociétés, enfin mis sur le devant de la scène. Par cette reconnaissance nationale, leur rôle a été revalorisé et validé par tous. Une notion de reconnaissance qui manque aux salariés, tous secteurs d’activité confondus, dans leur quête de sens et d’estime de soi.

La famille, avec laquelle on a (ré)appris à vivre pendant le confinement, (re)devient également une priorité de vie, et les méthodes de management déjà complexes en entreprises vont devoir évoluer pour s’adapter à des salariés dont les valeurs et le mental ont muté en une très courte période.

Dans son interview pour Forbes, Gary Hamel, auteur reconnu dans le management suggère 2 angles d’approches de leadership :

« Nous devons déplacer notre attention des pratiques aux principes. Beaucoup de PDG veulent que leurs organisations semblent agiles, mais ne veulent pas se consacrer aux principes d’autonomie, de vitesse, de transparence, de méritocratie et d’expérimentation.  Lorsque les chefs d’entreprise examinent ces valeurs, ils demandent ce qu’ils devraient faire différemment. Ce n’est pas la bonne question. La question devrait être, comment pensent-ils différemment? Quels sont les principes avec lesquels vous devez commencer pour aboutir à une organisation qui brise le moule bureaucratique de toutes les manières? »

La deuxième raison pour laquelle les efforts d’autonomisation réussissent rarement est qu’ils ne changent pas vraiment la structure du pouvoir. À un degré ou à un autre, nous sommes tous accro au pouvoir. Nous avons tous nos dépendances, et la première étape consiste à être honnête à ce sujet. C’est effrayant de faire face à la vérité, mais il n’y a pas d’autre moyen. Nous devons faire face à la vérité que nous ne pouvons plus nous permettre – économiquement ou éthiquement – des organisations qui donnent le pouvoir à quelques-uns tout en privant de pouvoir le plus grand nombre ».

Ce sont des questions que le passage du numérique et du télétravail ne manqueront pas de poser et dont les réponses reviendront à chacun d’établir en fonction de son secteur d’activité, de la structure de son entreprise et de son propre profile d’entrepreneur.

Source: Joana Foglia

Auteur de l’article : Wealth Monaco