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Banques: Miser sur le bas carbone

L’organisation britannique – ShareAction – a récemment dévoilé ses dernières recherches sur les performances des banques européennes en matière de changement climatique.

La crise climatique est l’enjeu déterminant de notre époque. L’organisation britannique ShareAction – a récemment dévoilé ses dernières recherches sur les performances des banques européennes en matière de changement climatique. Selon l’étude, les 3 grands courants de ce secteur sont :

  • Décalage des objectifs de l’accord de Paris par la plupart des stratégies des banques
  • Aucune banque présente une approche fondée sur les meilleures pratiques en matière de changement climatique. BNP Paribas arrive en tête, avec Lloyds Banking Group désignée comme celle qui s’est le plus améliorée et ING considérée comme l’un de ces 3 leaders
  • Les banques obtiennent de mauvais résultats de part leur soutien au energies extractives: charbon, étrole et gaz, qui éclipse leurs engagements dans la finance verte.

Seulement 35% des banques européennes déclarent avoir une stratégie climatique alignée sur Paris

La recherche montre que seulement 35% des banques interrogées affirment des stratégies sur le changement climatique alignées sur la limitation des élévations de la température mondiale à 2 ° C ou moins. Il est inquiétant que seulement 10% prétendent être alignées sur l’objectif le plus ambitieux de maintenir le réchauffement à 1,5 ° C.

La recherche vise à mettre en lumière la manière dont les banques ont progressé sur cette question depuis 2017, date de la dernière enquête. Le score moyen atteint dans cette enquête n’est que de 39,9%, tandis que BNP Paribas arrive en tête du classement avec un score de 63,2%. Les banques situées dans le bas du classement, dont l’Intesa Sanpaolo, en Italie, ne montrent que peu de preuves de l’effet néfaste de leurs activités sur le climat.

Aucune banque n’est classée dans la catégorie des «meilleures pratiques». Le Credit Suisse, Commerzbank et UniCredit affichent également des performances mitigées, leur approche étant qualifiée de «business as usual». Cependant, une banque prouve qu’il est possible d’améliorer rapidement l’approche d’une banque en matière de changement climatique: Lloyds Banking Group arrive en deuxième position du classement, après avoir été dernière de la première édition en 2017.

Bien que le secteur bancaire ait un rôle important à jouer dans la crise de Covid-19, comme le rappelle ShareAction, les banques ont également un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique et les risques systémiques que cela pose pour le secteur et l’économie.

Certaines banques ont commencé à introduire des exclusions pour certaines formes de pétrole et de gaz non conventionnels, notamment les sables bitumineux et le forage dans l’Arctique, ce qui est un début; mais les politiques concernant les clients conventionnels du pétrole et du gaz font défaut.

Une autre note positive est que toutes les banques interrogées semblent chercher activement à accroître le financement vert et à développer une gamme de produits et services à faible émission de carbone, des prêts hypothécaires verts aux obligations vertes. Cependant, les efforts sont ralentis par des défis en termes de définition de ce qui peut être qualifié de «vert», un manque de données au niveau de l’entreprise et du projet et des coûts de transaction plus élevés.

En outre, pour que les efforts sur la finance verte soient couronnés de succès, les banques doivent veiller à ce que leur approche du changement climatique soit cohérente dans l’ensemble de leurs activités. Il existe un risque réel que le financement continu par les banques des combustibles fossiles qui éclipserait tout impact positif qu’elles pourraient obtenir en finançant des solutions bas carbone.

Les mauvais résultats globaux de cette enquête devraient être une véritable préoccupation pour les actionnaires, les clients et les régulateurs: un échec à atteindre les objectifs climatiques aggraverait les effets du changement climatique, y compris une augmentation des sécheresses, des inondations et des événements météorologiques extrêmes, ainsi que du niveau de la mer.

Cela, à son tour, aura des impacts négatifs sur les portefeuilles des banques dans les années et les décennies à venir. Il est donc dans l’intérêt des banques de prendre aujourd’hui des mesures urgentes et drastiques pour assurer à l’avenir à tous une planète vivable.

“Nous sommes ravis de remporter le classement de ShareAction pour la deuxième fois. Il s’agit d’une reconnaissance forte des efforts déployés par BNP Paribas et ses équipes à travers le monde pour accélérer la transition énergétique et renforcer la gestion des risques liés au climat. Entre autres réalisations, nous avons annoncé une date de sortie pour le financement du charbon thermique, abandonné progressivement par les entreprises qui tirent la majorité de leurs revenus du pétrole et du gaz non conventionnels, nous continuons également à travailler à la mise en œuvre des recommandations du TCFD et nous rendons compte chaque année de nos progrès . Cependant, c’est un voyage et il reste encore beaucoup à faire. Nous continuerons de renforcer notre ambition de jouer notre rôle dans la lutte contre la crise climatique et de travailler avec l’ensemble de la communauté bancaire sur cet objectif.”

Jean-Laurent Bonnafé, CEO de BNP Paribas

“Nous sommes heureux d’avoir fait de tels progrès avec notre ambition de lutter contre le changement climatique, de faire croître l’économie verte et de promouvoir la finance verte, améliorant 14 places dans le classement ShareAction depuis 2017. Bien que certains défis demeurent concernant les données et les méthodologies, nous nous engageons à soutenir nos clients et collègues pour aider à la transition vers une économie à faible émission de carbone et, finalement, aider la Grande-Bretagne à prospérer.”

Fiona Cannon, Directrice, Group Sustainable Business Groupe Lloyds Banking

“Ce rapport ShareAction souligne que si le secteur bancaire européen progresse dans la réflexion sur les risques liés au climat, il reste du chemin à faire pour intégrer pleinement ces risques dans les stratégies, les processus, les outils de gestion des risques et la transparence. L’Autorité bancaire européenne (ABE) contribue activement à l’intégration des facteurs ESG dans la réglementation et la surveillance européennes”

Slavka Eley, Head of Banking Markets, Innovation and Products at the European Banking Authority (EBA)

Auteur de l’article : Wealth Monaco