photographie des vagues de l’océan

Focus sans précédent de la CE sur les mers et les océans

Au cours des 5 derniers jours, la Commission européenne a révélé deux rapports portant sur la biodiversité et les émissions deCO2 dans les océans, affirmant ainsi une stratégie visant à initialier un cercle vertueux comme sortie de crise.

La semaine dernière, l’accord de solidarité entre l’Allemagne et la France pour partager la dette avec d’autres pays de l’UE et financer le plan de relance économique a été un signal fort d’unité et de valeurs communes. Ce plan de 550 milliards d’euros renforcerait les politiques et priorités économiques de l’UE, y compris les actions contre le changement climatique.

Le 20 mai, la Commission européenne avait dévoilé sa proposition d’une stratégie de protection de la biodiversité pour contribuer à la reprise économique mondiale.

L’une des ambitions de cette proposition est de restaurer et de protéger correctement les écosystèmes marins, qui sont décrits comme source d’avantages sanitaires, sociaux et économiques substantiels pour les communautés côtières et l’UE dans son ensemble. Une conception alignée avec l’économie bleue de Gunter Pauli qui comprend la résilience, le bonheur et la santé au sein de l’économie.

« La perte de biodiversité et l’effondrement de l’écosystème sont l’une des plus grandes menaces auxquelles l’humanité sera confrontée au cours de la prochaine décennie (1). Ils menacent également les fondements de notre économie et les coûts de l’inaction sont élevés et devraient augmenter (2) Le monde a perdu entre 3,5 et 18,5 billions d’euros par an dans les services écosystémiques de 1997 à 2011 en raison de la modification de la couverture terrestre, et on estime à 5,5 à 10,5 billions d’euros par an la dégradation des terres.

Stratégie de l’UE pour la biodiversité pour 2030, Bruxelles, 20.5.2020

Dans cet esprit, la Commission européenne estime qu’au moins 30% de la mer devrait être protégée dans l’UE, ce qui correspond à un minimum de 19% pour les zones maritimes compartivement à la zone de couverture actuelle.

Il n’est pas surprenant que quelques jours après cette proposition, la Commission européenne décide de publier son premier rapport d’analyse annuel sur les émissions deCO2 du transport maritime. Ce rapport met l’accent sur les émissions deCO2 et l’information sur l’efficacité énergétique de tous les navires de plus de 5 000 tonnes brutes, qui ont effectué des transports maritimes reliés à l’Espace économique européen (EEE) en 2018.

Les émissions déclarées par les 11.600 navires ont généréjusqu’à plus de 138 millions de tonnes d’émissions de CO2 cette année-là, ce qui représente 3,7% des émissions totales deCO2 de l’UE, selon les données de l’Agence Européenne pour l’Environnement sur les émissions de gaz à effet de serre.

Il montre qu’environ les deux tiers des émissions de CO2 déclarées sont liées à des voyages à l’étranger ou en provenance d’un port en dehors de l’EEE. Les voyages à l’intérieur de l’EEE ne représentent que 32% des émissions totales deCO2, et les émissions des navires dans les ports de l’EEE représentent 6% des émissions totales. En comparant les émissions deCO2 entre différents types denavires, les porte-conteneurs représentent la plus grande part des émissions totales, avec plus de 30%.

En termes d’efficacité énergétique opérationnelle, la grande majorité des navires ont réduit leur vitesse par rapport à 2008 (de -15% à -20%) pour répondre aux normes mondiales d’efficacité énergétique applicables au cours de la période 2020-2025,mais il existe encore un potentiel inexploité important pour réduire les émissions de manière rentable : la réduction de la vitesse, le routage météorologique, les hélices en contre-rotation et les dispositifs d’optimisation de propulsion, peuvent permettre de réaliser plus d’économies de carburant que l’investissement requis.

Alors que de nombreuses parties prenantes craignent que la crise du Covid n’affecte l’application du Green Deal, la Commission européenne continue de réaffirmer son engagement en faveur d’une économie plus verte, juste avant un plan d’action historique qui sera décidé demain.

Article: Joana Foglia

Depuis 2018, le règlement de l’UE sur le suivi, la déclaration et la vérification des émissions de CO2 du transport maritime (Règlement (UE) 2015/757) oblige les compagnies maritimes à surveiller leurs émisisons de CO2 , consommation de carburant et autres informations pertinentes pendant la navigation à destination ou en provenance des ports de l’EEE, lorsqu’elles transportent des marchandises ou des passagers pour des raisons commerciales.

Auteur de l’article : Wealth Monaco